Une fois par an, votre caisse de pension vous envoie votre certificat de prévoyance. La plupart des assurés le classent sans le lire. C'est pourtant le document le plus important de votre retraite suisse : il dit combien vous avez, combien vous aurez, et ce que vous pouvez optimiser. Voici comment le décoder.
Les lignes qui décrivent votre situation
- Salaire annoncé (salaire AVS) : le salaire transmis par votre employeur. Vérifiez-le : une erreur ici fausse tout le reste.
- Salaire assuré (ou coordonné) : la part de votre salaire réellement couverte par la caisse. Au minimum légal, c'est votre salaire moins la déduction de coordination de 26 460 CHF. Les bonnes caisses assurent davantage.
- Avoir de vieillesse actuel : votre capital accumulé à ce jour, souvent séparé entre part obligatoire et surobligatoire. Cette distinction compte : le taux de conversion de 6,8 % ne garantit que la part obligatoire. Notre guide obligatoire / surobligatoire détaille l'enjeu.
Les lignes qui projettent votre retraite
- Avoir projeté à 65 ans : généralement affiché avec et sans intérêts. C'est une projection, pas une promesse : elle suppose que votre salaire et votre taux d'activité restent constants.
- Rente de vieillesse projetée : l'avoir projeté multiplié par le taux de conversion de votre caisse. Comparez ce taux aux 6,8 % légaux du minimum obligatoire : sur la part surobligatoire, beaucoup de caisses appliquent 5 à 5,5 %.
- Rentes de risque : rente d'invalidité, rente de conjoint, rentes d'enfants. C'est votre couverture si la vie bascule, à confronter à vos besoins réels. Voir invalidité et décès.
Les lignes qui ouvrent des options
- Rachat possible : le montant maximal que vous pouvez verser volontairement, déductible de votre revenu imposable. C'est la mesure de votre potentiel de rachat, et souvent de vos lacunes.
- Prestation de sortie (libre passage) : ce que vous emportez si vous quittez votre employeur ou la Suisse. C'est aussi la valeur de référence en cas de divorce.
- Versement anticipé EPL : le montant mobilisable pour acheter votre résidence principale. Voir le retrait pour la résidence principale.
1. Le salaire annoncé est-il exact ? 2. L'avoir a-t-il progressé normalement (cotisations + intérêts) ? 3. Quel taux de conversion s'applique réellement à VOTRE avoir ? 4. Reste-t-il un potentiel de rachat ? 5. Les couvertures invalidité et décès suffisent-elles à votre famille ?
Pour un frontalier, le certificat est aussi la pièce de base de toute stratégie de départ de Suisse ou de retrait en capital : gardez chaque édition annuelle, elles font foi. En cas de doute sur une ligne, votre caisse a l'obligation de vous renseigner, et un conseiller peut traduire le jargon en décisions.
Sources : ch.ch, le 2ᵉ pilier · OFAS, prévoyance professionnelle.