Une lacune de prévoyance, c'est l'écart entre le capital que vous auriez pu accumuler dans votre 2ᵉ pilier et celui que vous avez réellement. Presque tous les parcours en créent. La bonne nouvelle : elles se mesurent précisément, et elles se comblent, avec un avantage fiscal à la clé.
D'où viennent les lacunes
- Une carrière commencée à l'étranger : les années travaillées hors de Suisse n'ont rien cotisé au 2ᵉ pilier. C'est la situation de la plupart des frontaliers.
- Les hausses de salaire : votre avoir a été constitué sur vos anciens salaires, plus bas. Chaque augmentation crée mécaniquement un potentiel de rachat.
- Le temps partiel : la déduction de coordination fixe pénalise les taux d'activité réduits. Notre article sur le temps partiel et le 2ᵉ pilier chiffre l'effet.
- Les interruptions : congés parentaux, périodes de chômage, années d'études ou d'indépendance sans affiliation.
- Un divorce : le partage de la prestation de sortie ampute l'avoir, mais ouvre un droit de rachat spécifique. Voir divorce et partage du 2ᵉ pilier.
Les repérer : une seule ligne à lire
Votre certificat de prévoyance affiche chaque année le montant de « rachat possible ». Ce chiffre EST votre lacune, calculée par la caisse selon son règlement. S'il est élevé, votre retraite projetée est en dessous de ce qu'elle pourrait être.
Les combler : deux leviers principaux
Le rachat LPP : vous versez volontairement dans votre caisse, le montant est déductible de votre revenu imposable l'année du versement, et votre capital retraite remonte. Deux précautions : la règle des 3 ans (aucun retrait en capital dans les 3 ans qui suivent, sous peine de redressement) et l'ordre des opérations si un versement EPL a déjà eu lieu.
Le pilier 3a : jusqu'à 7 258 CHF par an en 2026 pour un salarié affilié à une caisse, déductibles du revenu imposable en Suisse. Depuis 2025, les cotisations 3a manquées peuvent même être rachetées rétroactivement, sous conditions. Pour un frontalier imposé en France, l'arbitrage se fait plutôt avec le PER français : c'est un point de stratégie à valider selon votre canton.
Étaler les rachats sur plusieurs années fiscales bat presque toujours un gros rachat unique : chaque versement se déduit de la tranche la plus haute de votre revenu. Et un rachat proche de la retraite doit composer avec la règle des 3 ans si vous visez une sortie en capital.
Sources : ch.ch, le 2ᵉ pilier · OFAS, prévoyance professionnelle.