Le rachat de 2ᵉ pilier est l'un des outils d'optimisation fiscale les plus efficaces en Suisse. Bien utilisé, il renforce votre retraite tout en réduisant vos impôts. Mal séquencé, il peut au contraire vous faire perdre l'avantage. Voici comment l'utiliser intelligemment.
Qu'est-ce qu'un rachat ?
Au fil de votre carrière, des lacunes peuvent apparaître dans votre 2ᵉ pilier : période passée à l'étranger, hausse de salaire, années sans cotisation. Le rachat consiste à verser volontairement un montant pour combler cette lacune. Le montant maximal de rachat figure sur votre certificat de prévoyance.
L'avantage fiscal
Un rachat volontaire est intégralement déductible de votre revenu imposable, au niveau de l'impôt fédéral direct comme des impôts cantonaux et communaux. Plus votre taux d'imposition est élevé, plus l'économie est importante.
Sur un revenu fortement imposé, un rachat de 20 000 CHF peut générer plusieurs milliers de francs d'économie d'impôt la même année, tout en augmentant votre capital retraite.
La règle des 3 ans, à connaître absolument
C'est le piège classique. Aucun retrait en capital ne doit intervenir dans les 3 ans qui suivent un rachat, sinon la déduction fiscale est annulée et l'administration procède à un rappel d'impôt. Cette règle s'applique quel que soit l'établissement qui verse la prestation et quel que soit le motif du retrait. Le Tribunal fédéral a confirmé ce délai de 3 ans, jour pour jour.
Faire un gros rachat juste avant de retirer son capital pour acheter un logement : la règle des 3 ans peut alors annuler tout l'avantage fiscal du rachat. Le calendrier est essentiel.
L'exception de la rente
Si vous percevez votre 2ᵉ pilier sous forme de rente viagère (et non de capital) au moment de la retraite, le délai de 3 ans ne s'applique pas. Le choix entre rente ou capital entre donc en jeu dans votre stratégie de rachat.
Un point d'attention si vous avez déjà retiré pour un logement
Si vous avez utilisé votre 2ᵉ pilier pour financer un achat immobilier (voir notre guide retirer son 2ᵉ pilier pour acheter), aucun rachat volontaire n'est possible tant que ce montant n'a pas été intégralement remboursé à votre caisse.
La bonne stratégie : étaler
Plutôt qu'un gros rachat unique, il est souvent plus efficace d'étaler plusieurs rachats sur différentes années, en particulier dans les années précédant la retraite, là où vos revenus (et donc votre taux d'imposition) sont les plus élevés. C'est une planification sur mesure, qui dépend de votre âge, de vos revenus et de vos projets.
Vous êtes frontalier ? La déductibilité du rachat dépend de votre canton d'imposition : voyez notre guide rachat LPP pour un frontalier.
Sources : VZ VermögensZentrum · Tribunal fédéral, délai de 3 ans · Canton de Genève, déduction des rachats.