Partir avant 65 ans fait rêver, et c'est possible : la plupart des règlements de caisse autorisent la retraite dès 58 ans. Mais l'anticipation a un prix, qui se paie trois fois. Le chiffrer avant de décider évite les mauvaises surprises définitives.
Le triple coût de l'anticipation
- Des années de cotisation en moins : les dernières années sont les plus riches (bonifications de 18 % du salaire coordonné après 55 ans, contre 7 % à 25 ans). Partir à 61 ans au lieu de 65, c'est renoncer aux quatre années qui pèsent le plus.
- Des intérêts en moins : votre capital cesse de croître plus tôt, et c'est en fin de parcours que l'effet des intérêts composés est maximal.
- Un taux de conversion réduit : la rente est servie plus longtemps, donc la caisse convertit à un taux plus bas. La réduction est fixée par le règlement, souvent de l'ordre de 0,15 à 0,2 point par année d'anticipation : à 61 ans, un taux de 6,8 % peut ainsi tomber autour de 6 %.
Et l'AVS dans tout ça ?
L'AVS (1ᵉʳ pilier) se décide séparément : elle peut être anticipée d'un ou deux ans, moyennant une réduction d'environ 6,8 % par année d'anticipation, à vie. Beaucoup de caisses proposent une rente transitoire AVS (rente pont) pour couvrir la période entre le départ et l'AVS, remboursée ensuite par une rente LPP réduite. À chiffrer précisément avant de signer.
Comment amortir le coût
- Racheter avant de partir : les rachats LPP des années précédant le départ remontent le capital et réduisent l'impôt, en respectant la règle des 3 ans si vous visez une sortie en capital.
- Arbitrer rente ou capital : avec un taux de conversion raboté, la sortie en capital devient relativement plus intéressante qu'à 65 ans. Le calcul se fait caisse par caisse.
- Vérifier le règlement : âge minimal, taux appliqués, rente pont, retraite partielle : tout est dans le règlement de votre caisse, et les écarts entre caisses sont énormes.
Un frontalier qui cesse de travailler en Suisse avant l'âge de la retraite ne « part » pas forcément en retraite anticipée au sens de la caisse : selon la situation, l'avoir peut passer sur un compte de libre passage et rester bloqué jusqu'à 60 ans au plus tôt. La frontière entre départ anticipé et départ de Suisse mérite un vrai diagnostic. Voir quitter la Suisse.
Pour assembler AVS, 2ᵉ pilier, 3ᵉ pilier, retraite française et impôts, lisez le guide complet de la retraite du frontalier de Kobalt Patrimoine.
Sources : ch.ch, le 2ᵉ pilier · OFAS, prévoyance professionnelle.